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UNE DÉFERLANTE, LA COIFFURE MASCULINE?

Si la coiffure féminine est à la peine, côté hommes, les visites s'intensifient – six à sept visites annuelles en moyenne, soit + 26 % en un an (1) – boostées notamment par les services barbiers. Confidential décrypte ce marché qui arrive à maturité et zoome sur des pistes d'avenir...
 
Photographie de l'homme
Parmi les 65 200 salons de coiffure en France, on ne connaît pas le nombre de salons dédiés à l'homme. Les statistiques officielles n'existent pas... encore. Le constat : plusieurs centaines de salons barbiers s'ouvrent chaque mois en France depuis deux ou trois ans. La plupart s'installent dans des boutiques de petite taille avec un seul coiffeur, l'ambiance reprend souvent les codes « vintage » années 50 et bikers. Actuellement, les salons les plus en vue et dynamiques optent pour des innovations numériques gain de temps : réservation en ligne, voire pour quelques-uns paiement à l'avance ou système connecté avec temps d'attente en live, par exemple, chez Guillaume Fort, à Saint-Estève (66). Et les prix ? Les tarifs restent plutôt bas avec une fiche moyenne de 20,30 € en 2016. On note toutefois une augmentation de + 6,5 % par rapport à 2015 (2).
 
Olivier Sittoni suit de près l'évolution de la coiffure homme. C'est lui le créateur du Barber's Meeting, en 2016, et le directeur de l'Académie Coiffure Beauté Formation Méditerranée (3). « Le développement de la coiffure masculine s'inscrit dans le temps : l'homme s'occupe de lui. Aujourd'hui, il se crée des barbiers comme, il y a quelques années, des boutiques de téléphonie. Est-ce que tous perdureront ? Les salons masculins et barbiers se ressemblent, et peuvent s'enfermer dans un style qui penche vers le caricatural, bien que je comprenne qu'il y ait des passionnés de ce style – tatouages, coupes fondu américain, Harley-Davidson, ambiance années 50, esprit US... Personnellement, je préfère un salon qui joue la carte de l'élégance au masculin. L'angle classieux et haut de gamme, j'y crois. Un coiffeur est censé gagner sa vie en coupe hommes, encore faut-il des tarifs bien pensés. Pour être rentable, l'avenir de ces salons passe par la diversification des services : les soins, l'épilation, la manucure, la revente, etc. Un exemple, le rasage à l'ozone qui permet de facturer plus cher. Côté formation, on note déjà un ralentissement des demandes. C'est logique, comme tout marché, il naît, croît et arrive à maturité. À mon avis, ceux qui vont tirer leur épingle du jeu, ce sont les salons historiques bien implantés, ceux qui ont su conceptualiser et quelques suiveurs. »
 
Témoignages de pros atypiques :
 
. Précurseur, il y a 16 ans, Xavier Langlois a ouvert Au Petit Barbier dans le centre-ville de Mantes-la-Jolie (78). S'il a commencé seul, aujourd'hui, il emploie quatre collaborateurs. « Je fais partie de la dernière génération qui a appris la coiffure masculine, certains nous appellent des dinosaures ! La coiffure masculine a toute sa place, c'est technique, on manipule des ciseaux, réalise des dégradés à main levée. Aujourd'hui, il nous revient de tout apprendre aux jeunes en formation. La diversité de la clientèle est réelle. Il y a 15 ans, on réalisait des boucs, des colliers. Aujourd'hui, c'est beaucoup plus large avec les barbes très variées. Un client sur trois arbore une barbe, revient toutes les trois semaines, ce qui porte notre moyenne de visites annuelles à dix. Si depuis trois ans le nombre d'ouvertures de salons hommes est important, je pense que la concurrence n'est pas un frein. Il faut se diversifier, ne pas proposer tous la même chose. Aussi, je recherche tout ce qui se fait pour toujours progresser, participe aux séminaires American Crew, etc. Depuis quatre ans, j'ai mis en place la réservation en ligne et 75 % de mes rendez-vous sont pris par Internet. Mais, je m'interroge sur les salons qui proposent la coupe à la tondeuse à 10 €, souvent sans faire de shampoing, sans bac, ni eau. Ce n'est pas ma clientèle, mais cela cause du tort à la profession. »
 
. Didier Royer a fait ses armes dans de prestigieuses maisons : Carita, puis Alexandre de Paris. Depuis quatre ans, il a créé L'Appartement, au cœur du Triangle d'or parisien, dans le VIIIe arrondissement, dans une cour privée. Son credo : se sentir chez soi chez son coiffeur. Didier, inconditionnel de la marque American Crew, se réjouit du renouveau positif de la coiffure masculine qui avait été abandonnée, tout en mettant l'accent sur les phénomènes de mode, pointant que les hipsters sont de moins en moins nombreux. En professionnel aguerri, ce pro spécialiste de la coupe sait tout réaliser avec dextérité sur cheveux courts ou plus longs. « Dans mon Appartement, je travaille seul en tête-à-tête avec le client à qui je consacre une heure, uniquement sur rendez-vous, et ponctuellement le dimanche. Je n'aime ni le rythme soutenu de certains salons, ni la routine. Dans un univers épuré et cosy, c'est un moment de convivialité, de partage, la clientèle masculine a aussi envie de parler. À partir de 18 h, c'est champagne ! Je réalise tous les styles de coiffure, en privilégiant les coiffures naturelles, bannissant tout ce qui fait artificiel. La taille de barbe, cela concerne en moyenne deux clients par semaine, pas plus. Je donne des conseils sur le soin et l'entretien des cheveux et une esthéticienne vient ponctuellement pour réaliser de petites épilations, de la manucure. Je suis toujours à l'affût des nouvelles tendances, notamment sur les réseaux sociaux, via des vidéos, et m'installe aussi à la terrasse des cafés pour découvrir les tendances de la rue. »
 
Et la coloration de barbe ?
Nos deux professionnels restent prudents :
  • Pour Xavier Langlois : « Même si les produits ont évolué, c'est délicat de colorer si près de la peau du visage. Et on me demande des colorations de barbe qu'environ deux fois par mois : est-ce vraiment un marché ? D'autant plus qu'il faut investir dans des stocks de produits. »
  • Didier Royer, quant à lui, explique : « J'ai des réticences, car sur du poil blanc ou clair, la repousse est visible au bout de deux ou trois jours, je ne trouve pas cela esthétique. Si le client le demande, je fais appel ponctuellement à un coloriste. »
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Crédit : Espace Figaro à Saint-Dié Photo : Arthur Janin


(1) Source : Panel Score de l'UNEC
(2) Source : INSEE.
(3) Salon Coiffure Beauté Méditerranée, les 11 et 12 mars 2018, à Marseille. Événement Barber's Meeting, les 3 et 4 juin 2018, à Montpellier.


ALEXIE ROUSSIN
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